1945

« Théâtre de la Mode » Bérard-Kochno, décors, Paris, Londres, Barcelone puis New York et San Francisco en 1946.

André Beaurepaire, le plus jeune de ce brillant groupe d’artistes, n’a que vingt ans, mais il a déjà une personnalité et un goût bien affirmés. Assuré d’un brillant d’avenir, il a toujours été sensible à l’Art et à la Beauté. Les classes de mathématiques n’étaient pour lui, qu’une occasion de plus, de remplir ses cahiers de fabuleux palais et autres scènes de batailles. A la maison, il construisait des maquettes de villes entières, dessinait les séquences de films imaginés qu’il projetait dans un petit théâtre fabriqué par ses soins.

Aujourd’hui, il rêve d’une Galerie Fantastique dans laquelle entrerait toutes les merveilles du monde. Il s’inscrit dans la tradition des constructeurs de villes et de paysages. Comme eux, il met en avant la pompe et la splendeur, à mi-chemin entre Classicisme et art Baroque. Comme sa période de prédilection s’étend du milieu du 16e siècle jusqu’au début du 18e, il est passé maître pour inventer des colonnes aux envolées baroques.

A Versailles, il aurait rivalisé avec Bérain pour dessiner les décors des ballets dans lesquels apparaissait le roi. Il est de cette grande tradition du dessin d’architecture. Actuellement il est tout imprégné des tragédies de Corneille pour lesquelles il invente tout un monde et rêve aussi de travailler à des décors pour le théâtre de Shakespeare. Rien de surprenant donc à ce que Cocteau encourage de telles ambitions et veille à l’épanouissement d’un talent si merveilleux… Assurément celui d’un maître.

Catalogue du Théâtre de la Mode en Amérique, 1946.

1946

« Concerts de Danses » Mozartiana, Marcel Berger, décors et costumes , Théâtre des Champs-Élysées.

« Tout concourt au grand succès de ce ballet : les fastueux décors et les costumes (très gravure 18ème siècle) d’André Beaurepaire, la chorégraphie vivante de Marcel Berger et les danseurs, dont Solange Schwarz et Algagorv, en sont les étoiles. »

La Fraternité, 14 mars 1946.

« André Beaurepaire a réussi avec brio un morceau de bravoure difficile en accumulant sans faute de goût les richesses les plus magnifiques. L’entrée des ballerines en maillot noir pailleté de diamants est une trouvaille. »

André Warnod Le Figaro, 7 mars 1946.

« Melle Solange Schwarz est éblouissante, ses variations sont un enchantement par leur précision et leur grâce. Et M. Algarov est, lui aussi, excellent. Le décor de M. André Beaurepaire renchérit spirituellement sur le baroque. Il est fort réussi. »

R. D, Le Monde, 7 mars 1946.

1947

« L’Aigle à Deux Têtes » Jean Cocteau, décors, costumes Christian Bérard, Théâtre Hébertot.

« Après une double création à Bruxelles et à Lyon, « l’Aigle à deux Têtes » est enfin au Théâtre Hébertot. Le public applaudira longtemps la brillante actrice qu’est Edwige Feuillère, vraie reine de Théâtre dans le fastueux décors de légende conçue par André Beaurepaire pour ce drame romantique inspiré dit-on, par le destin d’Elisabeth d’Autriche . »

Claude Cézan, Revue de l’Alliance Française 26, février 1947.

« Le spectacle n’est pas ici inégal à l’audience : cela, par la grâce somptueuse et rare de M. André Beaurepaire, peintre des décors et de M. Bérard, qui a pourvu aux costumes. »

Presse, Tel quel, 7 janvier 1947.

« Les décors de Beaurepaire ont beaucoup de caractère : ils ont un côté « ossements » curieux et qui souligne habilement le texte. »

Thierry Maulnier, Journal, 7 janvier 1947.

« Edwige Feuillère donne à la reine un caractère à la fois élégant, noble et exalté. C’est vraiment une de nos plus grandes artistes. Jean Marais souffre un peu d’un tel voisinage, mais il est excellent dans les scènes de passion, d’amour et de mort. Les décors d’André Beaurepaire contribuent à donner à ce spectacle la qualité qui en fait l’un des plus beaux de la saison dramatique. »

L’Yonne Républicaine, 13 mars 1947.

« Since no one has the right to speak to the queen without her permission, she does most of the talking – almost twenty thousand words of it in Act 1 alone, a tour de force staggeringly caried off by the beautiful and excellent actresse, Edwige Feuillère. Jean Marais makes a handsome anarchist in Lederhosen. Georges Auric contribued a royal march, and André Beaurepaire, the Cocteau group’s favorite new designer, devised the crazed complexities, of the Gothic sets. Only Cocteau would have the impertinence to toss a play about Bavarian royalty in the face of a Paris so-recently occupied by Germans. »

New Yorker, New York, 25 janvier 1947.

1948

« Fête Galante » Mme Claude Arrieu, Gsovsky, décors et costumes, Théâtre des Champs-Élysées.

« Cet agréable divertissement de Boris Kocho, sur une musique pleine d’esprit de Mme Claude Arrieu vit, dans un décor de style de Beaurepaire, danser Irène Skorik et Youri Algarov au travers des variations spirituelles et déliées. »

Journal de Genève, 24 juin 1948.

« The Ballets des Champs Elysées, at the Princes Theatre last night introduce a new work « Fête Galante » by Boris Kochno. André Beaurepaire has dressed it delight fully. »

Manchester Guardian, 4 septembre 1948.

1949

« Haute Surveillance » Jean Genet, Marchat, Hossein, décors et costumes, Théâtre des Mathurins.

« Les costumes d’André Beaurepaire, sont fort significatifs et contribuent avec succès à la gêne nécessaire sans doute, qui accompagne la représentation de « Haute Surveillance. »

Jacques Lemarchand, Combat, 4 mars 1949.

« Il est peu de spectacles, en dix ans de direction, qui m’aient procuré autant de satisfactions que « Haute Surveillance ». L’extraordinaire qualité de la pièce, la beauté du texte, sa nouveauté, sa force échappaient aux lois habituelles de la scène. J’ai eu la chance de rencontrer un quatuor de jeunes acteurs passionnés par leur métier : Tony Taffin, Jean-Marc Lambert, Robert Hossein et Claude Lambert. La chance aussi de trouver en André Beaurepaire le décorateur inspiré qu’il fallait. »

Jean Marchat , L’Opinion publique, 23 mars 1949.

« Pour la dernière pièce de Jean Genet, « Haute Surveillance », Beaurepaire situe l’action dans un décor d’une sombre et austère beauté »

Robert Kempf, Académie française.

« Le décor, pesant, inexorable et beau est signé André Beaurepaire. »

Guy Verdot, Franc-Tireur, 4 mars 1949.

« Servi par une excellente interprétation et par de très beaux décors d’ André Beaurepaire, « Haute Surveillance » perd à la lecture, la violence que la scène lui donnait. »

Daniel Secret , Plaisir de France, juin 1949.

1949

« Léocadia » Anouilh, Cocteau, Marais, Yvonne de Bray, décors, Théâtre Royal de l’Opéra du Caire.

« La comédie, en cinq tableaux doit être menée tambour battant et elle le fut. En vieille duchesse originale et autoritaire, Yvonne de Bray tient la baguette et conduit la farandole. Les décors d’André Beaurepaire sont des mieux venus. »

Claude de Rives , Journal d’Egypte, Le Caire, 26 mars 1949.

1953

« Ciné-Bijou » Pierre Petit, Roland Petit, Jean Pierre Grédy, décors, Théâtre de l’Empire.

« Il est évident que « Ciné-Bijou », est plus un « show » à l’américaine qu’un ballet. J’en ai aimé la peinture satirique, les étonnants décors d’André Beaurepaire et les silhouettes anonymes d’un expressionnisme tout à fait actuel. »

Angéli, Echo d’Alger, 16 novembre 1953.

« Roland Petit et Colette Marchand ont dansé ensemble « Ciné-Bijou », burlesque parodie de film de gangsters très bien réglée sur un rythme d’enfer, et pour laquelle André Beaurepaire a composé d’ingénieux décors pleins de malice et de goût. »

André Warnod, Le Figaro, 20 mars 1953.

« André Beaurepaire avait charge d’illustrer « Ciné-Bijou ». Il s’en est acquitté avec bonheur et son tableau des gratte-ciel, en noir et blanc, est on ne peut plus évocateur. »

André Boll, Plaisir de France, Mai 1953.

« Ciné-Bijou est excellemment pensé par André Beaurepaire. Ses décors de Gratte-ciel en noir et blanc et la chambre rococo de la Vamp sont admirables. »

Marie Françoise Christout, Dance and Dancers, London, Mai 1953.

« Colette Marchand interprète une chanson amusante même si l’on ne comprend pas le français et les décors de Beaurepaire évoquant New-York sont, on ne peut plus convaincants. »

Marie Françoise Christout, Dance and Dancers, London, Mai 1953.

« Dans Ciné-Bijou de Jean-Pierre Gredy, le scénario remplace l’argument habituel par des séquences rapides, un rythme très américain sur une musique de Pierre Petit, avec des décors sensationnels de Beaurepaire et l’utilisation technicolor des éclairages. »

Jotterant, Gazette de Lausanne, 5 avril 1953.

1953

« La Belle Endormie » Henri Dutilleux, Roland Petit, Leslie Caron, décors et costumes, Londres.

« Le ballet, spécialement composé pour Leslie Caron, par Roland Petit et Alfred Adam, se déroule dans de très beaux décors d’André Beaurepaire. »

L’Espoir Nice, 15 décembre 1953.

« Hier à l’Opéra de Monte Carlo, Leslie Caron était l’acrobate du dernier ballet de Roland Petit, dans de somptueux décors d’André Beaurepaire. »

André Xavier, L’Espoir Nice, 26 décembre 1953.

1955

« La Cenerentola » Prokofiev, Alfredo Rodriguez, Violette Verdy, décors et costumes, Scala de Milan.

« Beaurepaire vient de signer les décors et les 140 costumes du ballet « Cendrillon » de Prokofiev que la Scala de Milan a inscrit à son répertoire. Ce ballet, qui dure deux heures trente, a été un véritable triomphe pour Beaurepaire, pour le Chorégraphe Alfredo Rodriguez, et pour Violette Verdy, la danseuse étoile qui débuta avec Roland Petit. »

Prestige Français, mars 1956.

1956

« La Nuit » Léo Ferré, Roland Petit décors, Théâtre de Paris.

« La Nuit, ce feuilleton de Madeleine et Léo Ferré, que le beau l’intelligent décor de Beaurepaire, la mise en scène arrivent à sauver parfois… »

François Guillot de Rode, Le Figaro Littéraire, 6 octobre 1956.

1963

« Les Oiseaux Rares » René Lhoste, Guy Bertil, Armande Navarre, décors, Théâtre Montparnasse.

« Extravagant décor d’André Beaurepaire, glorification du « style nouille » et de la peinture 1900, une vraie réussite. »

Patrick Thévenon, L’intransigeant le 23 avril 1963.

1964

« Têtes de Rechange » Jean-Victor Pellerin, Jean Le Poulain, décors et costumes, Bouffes Parisiens.

« Les trois meilleurs sketches sont celui du centenaire joué à ravir par l’inimitable Paul Demange ; celui du mariage, plus dense et plus cruellement véridique qu’il n’y paraît, qui se déroule dans un admirable et savoureux décor de « Noces et Banquets » brossé de main de maître par Beaurepaire ; enfin celui de l’or des bourgeois, qui s’apparente à la scène de revue, mais ne retrouve-t-on pas cette tendance dans une grande partie du théâtre contemporain. »

Jean Jacques Gautier, Le Figaro, 14-15 mars 1964.

1978

« La Dame de Pique » Tchaïkovski, Roland Petit, Baryschnikov, décors, Théâtre des Champs-Élysées.

« …Ici, à l’occasion de La Dame de Pique, Beaurepaire s’est brusquement détourné de tout ce qui, jusqu’à présent, avait été son climat de prédilection. Il s’est libéré aussi bien des grandes constructions qui évoquaient Piranese que de l’univers gothique et romantique qu’il savait recréer avec une adresse consommée. Nous sommes sur les bords de la Néva. André Beaurepaire nous livre, dans un tournoiement de colonnes, un palais baroque sur lequel plane le vertige des cartes. Il n’y a rien à expliquer. Je le répète : il peint comme on rêve et ses décors naissent et passent en lui tels les nuages dans le ciel. »

Edmonde Charles-Roux, Académie Goncourt, programme du spectacle 1978.

« La Dame de Pique telle que l’a conçue Roland Petit, en prenant quelques libertés avec le récit original, se présente comme un ballet parfaitement équilibré, solidement charpenté, vivant, dans un décor d’André Beaurepaire. Pas une faute de goût, à aucun moment l’intérêt ne faiblit. »

René Sirvin, L’Aurore, 19 Octobre 1978.

« André Beaurepaire a peint comme décors une très belle toile de fond où des cartes géantes et colonnes d’un palais de Saint-Pétersbourg s’écroulent ensemble, en catastrophe. »

Pierre Lartigue, L’Humanité, 20 Octobre 1978.

« André Beaurepaire a brossé de très beaux décors en camaïeux, de caractère très onirique, sur lesquels se détachent les costumes contrastés de Jacques Schmidt, baroques et somptueux… »

Le Méridional, Novembre 1978.

« Baryschnikov, Jacqueline Rayet et Evelyne Desutter seront les trois atouts maître du Ballet de Marseille, avec le décor brossé par André Beaurepaire, évoquant un château de cartes et l’atmosphère chavirante de l’enfer du jeu. »

François de Santerre, Le Monde, Octobre 1978.

« Le décor, très sobre de Beaurepaire, convient à ce drame psychologique dont chaque personnage est observé avec l’acuité d’un entomologiste. La présence de Baryschnikov agit comme un réacteur sur tout le ballet qui baigne dans une atmosphère russe très XIXème siècle. Baryschnikov ne joue pas Hermann, il est Hermann. »

Gilberte Cournand, Le Parisien, 19 Octobre 1978.

1989

« La Machine Infernale  » Jean Cocteau, Jean Marais, décors et costumes, Espace Cardin.

« Vous aviez le redoutable privilège de succéder à Christian Bérard, votre travail m’a paru une grande réussite. En 1954, Jean Cocteau écrit de Bérard : « Les dispositifs et les costumes de La machine infernale, par leur surprenante simplicité restent l’exemple du chef-d’œuvre de décoration théâtrale ». On peut en dire autant des décors et des costumes, ces derniers, d’une simplicité somptueuse, que vous venez de réaliser pour cette reprise. Vous possédez si bien l’esprit de Cocteau en matière de spectacles que vous me paraissez le décorateur idéal pour toute future reprise de son théâtre. »

Pierre Chanel, directeur des cahiers Cocteau chez Gallimard, 11 novembre 1989.

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